les moyens de la contraception

les moyens de la contraception

l'ensemble de méthodes qui doivent permettre à un couple de contrôler la survenue de leurs enfants.

I – Qu’est ce que la contraception ?
C'est un ensemble de méthodes qui doivent permettre à un couple de contrôler la survenue de leurs enfants et d'avoir des rapports sexuels sans risque pour la femme de tomber enceinte neuf mois plutard.
Une méthode contraceptive doit être facile, sans danger pour la santé, efficace et réversible dans des délais courts.
Elle exclut donc tout naturellement les méthodes de stérilisation qui sont difficilement réversibles.

II – Le principe de la contraception
Pour bien comprendre le comment de la contraception, il faut d'abord connaître deux notions majeures : la fécondation et le cycle de la femme.

II – 1 – La fécondation
Le principe est simple : Un spermatozoïde pénètre à l'intérieur d'un ovule. Cette association de deux "demi-cellules" va créer la première cellule du futur bébé.
Le spermatozoïde provient des testicules de l'homme. Fabriqué en grand nombre, déposé dans le vagin lors de l'éjaculation, il se compose d'un noyau qui contient le programme, les caractéristiques génétiques du père, surmonté par l'acrosome, une mini-perceuse chimique pour se frayer un passage vers l'ovule.
L'ovule provient de l'ovaire de la femme. Elle n'en fabrique qu'un seul par cycle. Il est libéré à un moment précis, en général au milieu du cycle.

II – 2 – Le cycle de la femme
C'est le temps compris entre deux périodes de règles, il est divisé en trois phases :
1. La phase ovaire et la phase folliculaire où se prépare l'ovulation et ne produit qu'une sorte d'hormone, les oestrogènes, et la phase folliculaire qui dure 12-13 jours.
2. La phase de l'ovulation (libération de l'ovule).
3. La phase lutéinique où l'ovaire se transforme et sécrète de la progestérone, cette phase dure 14 jours.
Remarque : Les oestrogènes ont la faculté de faire produire la glaire par le col de l'utérus. La progestérone a pour effet d'augmenter la température du corps.

III – Les moyens de CONTRACEPTION

III – 1 – Les méthodes dites “naturelles”

1. Le retrait de la verge du partenaire
Cette méthode consiste à retirer le pénis hors du vagin avant l'éjaculation, pour éviter que le sperme ne féconde la femme. Cette technique peu fiable nécessite une maîtrise parfaite de l'homme, et beaucoup d'hommes ont du mal à savoir le moment exact où ils vont éjaculer. De plus, dans certains cas, quelques spermatozoïdes peuvent être expulsés juste avant l'éjaculation. Enfin, une éjaculation hors du vagin peut parfois entraîner une grossesse.

2. Les rapports sans pénétration
Il faut savoir que même s'il n'y a pas pénétration vaginale, le sperme peut tout de même atteindre le vagin, lors d'une éjaculation sur une partie du corps de la femme proche du vagin.
Cette méthode n'est donc pas recommandée.

3. l’abstinence périodique
Cette méthode consiste à calculer la période du cycle où la femme est fertile et de s'abstenir de tout rapport sexuel durant cette période d’ovulation. Elle est peu fiable pour plusieurs raisons :
Le cycle féminin peut être perturbé pour une raison ou une autre.
Il n'est pas toujours facile de s'abstenir.
Il est très difficile de déterminer avec précision le moment de l'ovulation.
Il est possible de se rendre compte qu'il y a eu ovulation mais il est plus difficile de la prévoir.
La courbe de température, la méthode Persona, l'étude de la glaire cervicale peuvent aider à calculer la date de l'ovulation, mais sans qu'aucune de ces méthodes ne soit infaillible.

III – 2 – La contraception locale

III – 2 – 1 Les méthodes mécaniques

1. Le diaphragme

Il s’agit d’un capuchon tendu par un anneau rigide, que la femme introduit au fond du vagin juste devant le col de l'utérus. Il constitue ainsi une barrière au sperme lors de l'éjaculation. Ce diaphragme est prescrit par un gynécologue et il est en général en latex.
Pour augmenter son efficacité, il est recommandé de l'enduire d'une crème spermicide (qui détruit les spermatozoïdes). Le diaphragme doit être placé au fond du vagin au moins 20 minutes avant le rapport sexuel et il doit être gardé au moins 6 heures après.

2. Le préservatif masculin

Le préservatif masculin, dit aussi condom ou capote n'est pas seulement un moyen de contraception, c'est aussi la seule façon de se protéger des MST. Il est également le seul moyen de contraception existant pour les hommes. Il retient le sperme et empêche ainsi la fécondation. Il se présente en général enroulé, de couleurs variées, avec ou sans réservoir à l'extrémité et avec des reliefs et des saveurs différentes.
Le préservatif masculin se déroule sur le pénis en érection, avant la pénétration, et le recouvre complètement.
Généralement en latex, il en existe dans d'autres matières que le latex.
Le principe est que l'éjaculation se fasse dans le préservatif et que le sperme ne puisse pas se répandre dans les voies génitales féminines. Par sa présence il empêche également tout contact du pénis avec les muqueuses de la femme (vulve et vagin), ce qui garantit une très bonne protection contre les maladies sexuellement transmissibles (MST).
Pour que cette méthode soit efficace, il faut mettre le préservatif avant toute pénétration. En effet au cours du rapport, et avant l'éjaculation, il peut y avoir émission de liquide séminal, qui contient des spermatozoïdes. On utilise un nouveau préservatif à chaque rapport et l'on doit protéger tous les rapports. Pour réduire les risques de rupture de préservatif, on peut utiliser un gel lubrifiant à base d'eau.

3. Le préservatif féminin

C'est une gaine munie d'un anneau souple aux deux extrémités. Il est en polyuréthane, donc convient particulièrement aux personnes allergiques au latex. Il tapisse entièrement la paroi vaginale et les petites lèvres : il ne peut pas y avoir de contact entre le sperme et les muqueuses, ni de muqueuse à muqueuse.
Il se place dans le vagin comme un tampon sans applicateur, et peut être placé plusieurs heures avant et retiré plusieurs heures après le rapport.
Le préservatif féminin est efficace à 95 %.

4. Le stérilet ou Dispositif Intra-Utérin (D.I.U.)

Le stérilet est un petit objet en plastique souple, le plus souvent en forme de T, placé par le médecin à l'intérieur de l'utérus et chez une femme ayant déjà eu des enfants (de préférence). Le stérilet agit en empêchant la nidation de l'œuf fécondé.
Il est généralement constitué d'une tige de plastique sur laquelle est entouré un fil de cuivre. Certains stérilets libèrent une hormone dérivée de la progestérone. Cette hormone va renforcer l'action contraceptive en modifiant la glaire cervicale (qui devient imperméable au passage des spermatozoïdes) et en rendant la muqueuse utérine moins favorable pour une implantation.
Le stérilet peut se garder entre 3 et 5 ans et nécessite un contrôle tous les 6 mois. Il peut être enlevé à tout moment par un médecin, dès que la femme le désire. Il perd alors immédiatement toute efficacité.
Le port d'un stérilet peut entraîner des règles plus abondantes ou plus douloureuses et provoquer des douleurs au moment de l'ovulation. Son efficacité varie entre 97 et 99 %.

III – 2 – 2 Les méthodes chimiques

1. Les spermicides

Ce sont des substances chimiques, dont le but est de détruire les spermatozoïdes. Les spermicides existent sous forme de crèmes (gelées, mousses), d'ovules ou d'éponges en polyuréthane (dont le but est d'absorber le sperme). L'éponge étant la plus efficace (85%).
Les spermicides s'introduisent dans le vagin avant le rapport sexuel. Pour l'éponge, il faut la sortir de son emballage peu de temps avant l'emploi
L'emploi de ces substances doit être réservé à des femmes peu fécondes et ayant une contre indication aux autres moyens de contraception.
Les spermicides peuvent être utilisés à tous les moments du cycle et ont la particularité de perdre toute efficacité assez rapidement.
Pour résumer, c'est une contraception délicate, avec des règles d'utilisation plutôt strictes, à utiliser combinée avec d'autres méthodes.

III – 3 – La contraception hormonale

1. La pilule

La pilule est une méthode contraceptive hormonale efficace à 99,5%, dès lors qu'elle est prise régulièrement. C'est une association d'hormones féminines (oestrogène et progestérone) proches de celles produites par les ovaires, qui bloquent l'ovulation.
Il existe de nombreuses pilules. Chacune possède une composition précise et un dosage particulier. Toutes se présentent sous forme de plaquette comportant différents comprimés, de même couleur ou de couleurs différentes.
La première prise de la pilule commence le premier jour des règles. Prendre un comprimé par jour, à la même heure, jusqu'à la fin de la plaquette. Ensuite, selon la pilule prescrite, attendre le nombre de jours indiqués, avant d'entamer une nouvelle plaquette. On reste protégé pendant la période d'arrêt, si l'on reprend bien la plaquette suivante le jour indiqué. Durant cette période, les règles surviennent au bout d'un certains temps, variable selon les femmes. L'action de la pilule s'arrête dès que l'on ne la prend plus.
Si l'oubli est inférieur à 12 heures, prendre immédiatement la pilule oubliée (si vous l'avez perdue, utilisez une plaquette de rechange, pour ne pas manquer de comprimés durant ce cycle), et continuer les prises normalement. Si l'oubli est depuis plus de 12 heures, prenez la pilule du lendemain. Attention aux pilules micro-dosées : le délai n'est plus de 12 heures mais de 2 heures !

III – 4– Autres types de contraception

1. L'anneau vaginal

Il s’agit d’anneau en silicone inséré au fond du vagin et reste en place durant trois semaines, puis s'enlève pendant la période durant laquelle les règles surviennent. A la fin de cette période de pause, on insère un nouvel anneau.
Il contient les mêmes types d’hormones que la pilule, son avantage majeur est de diffuser des doses plus faibles, d'où une plus faible incidence des effets secondaires. C'est une bonne alternative à la pilule car il permet de résoudre le problème le plus fréquent : l'oubli d'un comprimé et ne gêne pas les rapports sexuels.

2. L’implant contraceptif

L’implant contraceptif est un petit bâtonnet cylindrique placé par un médecin sous la peau, sur la face interne du bras. Une fois implanté, il est efficace trois ans. Il peut être retiré dès que la femme le désire. Il est efficace à 99 %.
L’implant libère régulièrement une hormone qui bloque l'ovulation et entraîne une modification de la glaire cervicale qui gêne l'avancée des spermatozoïdes. Par ailleurs, il peut provoquer des effets indésirables comparables à ceux de la pilule : troubles de la régularité et de l'abondance des règles, saignements intermenstruels.
L'implant n'est pas recommandé comme première contraception, sauf pour les femmes présentant une contre-indication ou une intolérance à la pilule et au stérilet.

3. La cape cervicale

Il s'agit d'un mini diaphragme placé sur le col de l'utérus. Elle agit comme le diaphragme en empêchant le passage des spermatozoïdes dans le col de l'utérus. Notons aussi que des spermicides sont ajoutés pour en améliorer l'efficacité.
Comme le diaphragme, elle doit être conservée au moins 6 heures après le rapport sexuel.

4. La contraception d'urgence

La contraception d'urgence est une méthode à utiliser après un rapport sexuel sans contraception ou en cas d’échec de la méthode utilisée (oubli de la pilule, rupture de préservatif, etc.). Son emploi doit rester exceptionnel. Elle ne remplace pas une contraception régulière. Il existe deux types de contraceptifs d'urgence.
La contraception d'urgence n'est pas efficace à 100 %. En cas de doute ou de retard des règles de plus de 5 jours à la fin du cycle, il est impératif de vérifier l'absence de grossesse par un test de grossesse.
La contraception d'urgence est efficace à environ 80 %.

5. Le bracelet contraceptif

C'est un bracelet diffusant une hormone dérivée de la progestérone à travers la peau.
Une autre voie d’administration existe : le patch.
Le patch semble être aussi efficace que la pilule. Les effets secondaires négatifs sont parfois des douleurs aux seins (surtout pendant les 3 premiers cycles) et une inflammation de la peau sur la zone où a été collé le patch.
Chaque nouveau patch doit être appliqué à un endroit différent du précédent, sur une peau propre, sèche, saine, intacte et sans pilosité (la fesse, l'abdomen, la face extérieure du bras ou la partie supérieure du torse) et ne doit pas être appliqué sur les seins ou une peau rouge, irritée ou entaillée, ou à un endroit où il subira une friction.

6. Les progestatifs retards

C'est un dérivé de la progestérone que l'on administre par voie sous cutanée ou intramusculaire par une piqûre tous les trois mois.
Des troubles des règles peuvent exister comme avec la pilule micro progestative.
L'efficacité est bonne mais la réversibilité peut être aléatoire. En effet, certaines femmes pourront mettre de longs mois avant de retrouver une fertilité après l'arrêt des injections.
On réserve cette contraception aux femmes dont les œstrogènes sont contre-indiqués ou pour celles dont la prise quotidienne d'une pilule est difficilement suivie (patientes atteintes de maladies psychiatriques graves par exemple).
Ces progestatifs sont qu'exceptionnellement prescrits.

III – 5– Les méthodes de stérilisation

Une stérilisation a pour but d'être définitive. Pour cela, le couple devra être informé :
• Du caractère irréversible du geste,
• Des risques opératoires, en particulier anesthésiques,
• Du risque d'échec de la stérilisation: 0,5%.

1. Stérilisation masculine : vasectomie

Intervention chirurgicale consistant à couper et lier les canaux déférents qui ont pour rôle de transporter les spermatozoïdes depuis les testicules jusqu'aux canaux éjaculateurs. Ainsi après vasectomie, le sperme lors de l'éjaculation ne contient plus de spermatozoïdes.
C'est une technique simple réalisée le plus souvent sous anesthésie locale au travers d'une petite incision de 1 cm au niveau de la racine des bourses..

2. Stérilisation féminine : ligature des trompes

Une stérilisation peut être proposée si une nouvelle grossesse présente un risque important pour la santé de la mère et s'il existe des contre-indications aux méthodes contraceptives classiques ou si la femme est incapable de suivre correctement une contraception.